La souffrance du soignant
Groupe pasteur Mutualité

Une pathologie en manque de reconnaissance

S’il n’existe pas d’étude récente ayant évalué sur l’ensemble du territoire national le pourcentage de médeicns concernés par le burn out ou syndrome d'épuisement émotionnel, la récente enquête menée par l’URML Ile-de-France (juin 2007) et pilotée par le Dr Eric Galam permet de répondre à un certain nombre de questions sur ce syndrome à l’étiologie méconnue.

 

Même si ce chiffre ne peut donner lieu à une extrapolation, la moitié du millier de médecins franciliens ayant répondu à l’enquête déclarent se sentir personnellement menacés par le burn-out.

 

Le profil du médecin concerné est le suivant: âgé de 45-50 ans, il est célibataire. En secteur 1, il réalise en moyenne plus de 6000 actes par an, consulte sans rendez-vous et assure encore un nombre non négligeable de visites à domicile.

 

Parmi les causes les plus souvent citées, ils sont 96% à mentionner l’excès de paperasserie, 90% la non reconnaissance de l’action du médecin, 89% l'augmentation des contraintes collectives, 85% la longueur des journées et 84% l'exigence des patients.

Conséquence: ils sont 90% à déclarer une diminution du sentiment d'accomplissement par le travail et 85% une dégradation de la qualité de la relation médecin/patient.

 

Quelles seraient les solutions attendues par les médecins interrogés? L’amélioration de la protection sociale (97%) est la première réponse, les médecins déplorant notamment le délai de carence de 3 mois lorsqu'ils tombent malades. Viennent ensuite une meilleure définition de la nature et des limites de la responsabilité médicale (95%), une facilitation des remplacements (88%) et la reconnaissance du burn-out comme maladie professionnelle.

 

Il ressort aussi de cette enquête que la moitié des médecins interrogés souhaite modifier profondément son exercice ou même carrément changer de métier. En parallèle, du côté du conseil national de l’Ordre des médecins, la réflexion est bien engagée pour mettre en place prochainement une médecine de prévention confraternelle avec un entretien tous les cinq ans.


Sophie Cousin. Article paru dans Impact Médecine, n°240, 15 mai 2008